La Communauté d’agglomération Pays Basque, en collaboration avec ses partenaires NILSA et Servicios de Txingudi, ont organisé mercredi 4 juin 2025 une Journée transfrontalière sur l’eau réunissant une quarantaine d’acteurs représentant différentes institutions publiques, gestionnaires de l’eau, centres techniques et collectivités locales françaises et espagnoles autour d’un enjeu commun : anticiper, adapter et coopérer face à la pression croissante sur les ressources hydriques dans le contexte du changement climatique.
Une quarantaine d’élus, techniciens, experts et scientifiques des territoires du Pays Basque Nord, de Navarre et du Gipuzkoa se sont réunis au Théâtre de Bidart pour assister à la Journée Transfrontalière sur l’Eau, organisée dans le cadre du projet URAMUGA par la Communauté d’agglomération Pays Basque (CAPB), NILSA et Servicios de Txingudi. Ce projet européen de coopération, doté de plus de 3,6 millions d’euros et cofinancé par le FEDER-POCTEFA, vise à améliorer la gestion transfrontalière du cycle de l’eau sur les bassins hydrographiques partagés (Nive, Ugarana, Nivelle et Bidassoa).
Après un an et demi de mise en œuvre, ce projet a permis de dresser un bilan des avancées réalisées et d’identifier les solutions innovantes pour répondre aux enjeux hydriques partagés.



Marc Bérard, Président du SCOT Pays Basque-Seignanx, a introduit la journée en soulignant que « les enjeux en matière de gestion de l’eau sont majeurs sur nos territoires dans le contexte de changement climatique mondial et touchent directement nos territoires, nos quotidiens. Les traiter à l’échelle transfrontalière s’avère indispensable. »
Joseba Erremundeguy, Conseiller communautaire délégué aux coopérations européenne et transfrontalière de la CAPB a mis en exergue « tout l’intérêt de la coopération européenne : s’inspirer d’expériences innovantes européennes comme celle de la réutilisation des eaux usées traitées en Catalogne pour construire des politiques publiques plus efficaces sur nos territoires » mais aussi « faire preuve de solidarité entre nos territoires transfrontaliers en échangeant par exemple de l’eau potable en cas de pénurie » .
Fernando Mendoza, gérant de NILSA, à quant à lui, souligné « l’apport du financement européen (FEDER-POCTEFA), à hauteur de 2,3 millions d’euros, sans lequel le projet URAMUGA n’aurait pas pu voir le jour ».
Des expertises complémentaires au service de l’innovation



Tout au long de la matinée, les intervenants ont dressé un état des lieux croisé des enjeux de l’eau sur les deux versants de la frontière :
- Les résultats d’une étude inédite sur la ressource en eau au Pays Basque Nord ont notamment été présentés, soulignant la vulnérabilité des territoires littoraux face aux sécheresses à répétition, identifiant les zones critiques du territoire et orientant les investissements prioritaires à effectuer.
- L’expérience avancée de la réutilisation des eaux usées traitées (REUT) en Catalogne a également été exposée comme levier stratégique pour soulager les nappes phréatiques et sécuriser l’approvisionnement.
- Les grands changements à venir liés à la nouvelle directive européenne sur le traitement des eaux usées, impliquant une modernisation profonde des infrastructures ont été mis en exergue.
- Le projet REGENAQUA une initiative transfrontalière qui vise à expérimenter la réutilisation de l’eau traitée dans des usages non-potables en cohérence avec les nouvelles exigences réglementaires et sanitaires, a enfin été présenté.
Une gouvernance sans frontières pour une ressource partagée



La table ronde finale réunissant Marc Bérard, Fernando Mendoza, Víctor Peñas de l’agence de l’eau basque URA et Miquel Rovira, directeur du centre technologique catalan Eurecat a soulevé les conditions nécessaires à une gouvernance de l’eau sans frontières : harmonisation des données et des indicateurs de suivi de la ressource, réponse anticipée et coordonnée aux épisodes extrêmes (sécheresse, crues), et création de cadres juridiques adaptés comme le permet désormais le règlement européen Bridge EU.
Bidart en exemple : une nouvelle station d’épuration tournée vers l’avenir



La matinée s’est conclue par la visite de la nouvelle station d’épuration de Bidart, symbole de la modernisation en cours et de l’engagement des collectivités dans une gestion plus performante et durable de l’eau.
URAMUGA, un projet structurant pour l’avenir de l’eau
URAMUGA rassemble les organismes compétents en matière de gestion de l’assainissement et de l’eau potable dans les régions de Navarre, d’Euskadi et du Pays Basque Nord afin d’obtenir une gouvernance transfrontalière de l’eau qui bénéficie aux habitants du territoire et à l’environnement. Le consortium est composé de Nilsa (chef de file), de la Communauté d’Agglomération Pays Basque, de Servicios de Txingudi, ainsi que des municipalités navarraises de Bera, Valle de Baztan, Lesaka, Urdax et Valcarlos.
Démarré en janvier 2024, il prévoit de réaliser un ensemble d’actions jusqu’en décembre 2026 afin d’améliorer les systèmes d’assainissement partagés et l’approvisionnement en eau potable pour une gestion raisonnée et concertée de l’eau en zone transfrontalière, en réponse directe aux objectifs du Pacte Vert européen.
